Actualités, Historique

LE ROMORANTIN DU PAYS NANTAIS EN VOIE DE SAUVETAGE (21/08/16)

A l’origine, ce cépage blanc est introduit en 1519 par François 1er qui en fait venir 80.000 plants de Bourgogne pour les planter autour de sa résidence de Romorantin (Loir et Cher) , dont il prend le nom. Inscrit au Catalogue officiel des variétés de vigne, le Romorantin est aujourd’hui recommandé pour toute la vallée de la Loire, mais en réalité seulement cultivé sur 60 hectares où il participe exclusivement à la production de l’appellation Cour-Cheverny.
Issu d’un croisement entre le Pinot noir et le Gouais, il donne des vins blancs qui gagnent en qualité après quelques années de conservation. Les arômes produits rappellent l’abricot, les agrumes, la citronnelle, mais également les fleurs blanches (acacia, jasmin, tilleul, …), avec des notes parfois terroitées de tourbe et de pierre à fusil.
Au milieu du XIXème siècle, les sociétés savantes de Loire Inférieure tentent de diversifier l’encépagement local en testant un grand nombre de variétés de vigne pour lutter contre l’Oïdium ; il est probable qu’à cette époque quelques plantations sont tentées avec ce cépage. En 1914, les replantations post phylloxériques en vignes nobles dans le bas bocage (coteaux de Logne et Boulogne) incluent déjà 37,62 ares de Romorantin et vont s’accélérer progressivement jusqu’en 1945. Le cadastre viticole de Loire Inférieure (1956) en répertorie 5 ha 27 exploités sur cette zone par une dizaine de propriétaires et notamment répartis sur 5 communes : Saint Etienne de Corcoué , Legé , Saint Jean de Corcoué , La Limouzinière et Saint Philbert de Grand Lieu .
Ce cépage colonise également quelques communes limitrophes du Sèvre et Maine (Vieillevigne…) mais est également développé à Bouguenais, à la maison noble de la Caillère, où Van Iseghem, vers 1870 implante une collection de cépages dans l’optique de tester leur aptitude de résistance aux cryptogames. Au début du XXème siècle, le Romorantin cépage au potentiel aromatique marqué, sert essentiellement par le biais d’assemblages à améliorer la qualité des Muscadet – au même titre que le Colombard dans le Sèvre et Maine- avant l’avènement des A.O.C (1947).
Devenu inutile, les dernières vignes de Romorantin sont encore exploitées à Corcoué sur Logne en 1970, avant leur disparition définitive au milieu des années 80. Vers 2006, un viticulteur de cette même commune, Denis Rineau, nous signale une petite parcelle de quelques rangs discrètement exploitée par un retraité. Des prélèvements de boutures sont effectués avant que la parcelle ne soit arrachée, et les sarments sont confiés à un pépiniériste pour la réalisation de greffés-soudés sur RxR 3309. Aujourd’hui, les jeunes ceps rescapés âgés de 3 ans sont implantés à St Herblain dans un jardin, pour la production de bois. A nouveau, ils vont pouvoir dès l’automne fournir des sarments qui permettront de perpétuer cette variété, dans un premier temps sur une parcelle en terre neuve pour tester son comportement et ses aptitudes qualitatives et quantitatives.
Pour compléter l’information, 4 clones de Romorantin sont aujourd’hui agréés (466, 873, 928 et 929). Le Romorantin est un cépage de 2ème époque assez rustique et sensible au Botrytis cinerea.

L’image contient peut-être : plante, plein air et nature

Mots-clefs :, , , , ,

Pas encore de commentaire.

Ajouter votre réponse

Christ Gloire des Nations |
Sur la route de Lawspet |
"Cercle de l'Amit... | Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | UNACITA-ISTRES
| COS toujours...
| livr'ados