Historique

Histoire IX/ L’impulsion hollandaise dans le commerce des vins et eaux de vie de Nantes

La qualité des vins produits au début du XVIIème siècle aux alentours de Nantes est plutôt jugée médiocre par les historiens : « C’est un Gros Plant  un peu frustre vert et souvent acide qui  reste un breuvage malgré tout populaire réservé aux garnisons, aux matelots aux ouvriers ou encore aux valets ». Les premiers plants de Muscadet commencent tout juste à s’installer en Comté nantais venus, par un périple compliqué, de la Bourgogne via le Jura et l’Anjou  . La production d’eau de vie fortement encouragée par les Hollandais présents à Nantes depuis 1600, et qui commercent avec le Val de Loire, va considérablement modifier les pratiques viti-vinicoles utilisées jusqu’alors :  « Ce sont eux  qui ont appris aux habitants du Comté de Nantes à muetter  leurs vins ( muter : ajouter de l’eau de vie au cours de la fermentation) pour les mieux conserver à la mer, ce sont eux qui ont appris à faire l’eau de vye, ce sont eux qui ont appris à faire la fustaille, ce sont eux qui employent  tous les jours à faire venir à Nantes, leurs merrains et autres choses propres à loger les vins… sans le commerce des Hollandais, les habitants de Nantes  n’auraient qu’à arracher leurs vignes ».

Progressivement tous les coteaux du sud de la Loire vont être plantés en vigne, la vente du vin  devenant d’un rapport intéressant. Les vins produits à partir du cépage Folle Blanche , verts et acides qui colonisent alors le vignoble de Cognac conviennent très bien à la distillation. Les Hollandais le savent bien. Sous leur impulsion, ce cépage (appelé couramment Gros Plant) est alors planté de manière intensive  sur le Pays de Retz. Les Hollandais achètent tous les vins et pratiquent même le marché à terme, se réservant les vendanges sur souche et les réglant le jour de la livraison. Ils servent de banquiers aux vignerons auxquels ils avancent de l’argent pour planter  des vignobles . L’emprise hollandaise devient importante dans l’économie locale grâce au développement des exportations en sel et en vins locaux. L’eau de vie nantaise produite connaît alors une très forte notoriété nombre d’auteurs la hissant à un niveau supérieur au Cognac.  Cette eau de vie servira pendant  plus deux siècles avec les  toiles (Indiennes) ,  la poudre et les armes à feu ainsi que d’ autres quincailleries,  de monnaie d’échange lors du « lugubre voyage » de la traite négrière . A cette époque le vignoble couëronnais  reste cependant  à l’écart de ce mouvement  de fond,  car essentiellement planté  « en vignes rouges » alors que l »encépagement dominant en pays nantais  va se partager entre Gros Plant et Muscadet.

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